August 28, 2005

Eperon nord du petit Vignemale

Gaz à tout les étages !
La météo est assez incertaine mais le beau temps doit arriver dimanche. Nous tentons un coup de poker avec Julien et partons donc pour une approche samedi après-midi en direction des Oulettes de Gaube pour éventuellement tenter l'éperon nord du petit Vignemale. La montée s'effectue dans la poisse. On distingue uniquement la base de la face nord du Vignemale, les seracs craquent régulièrement et nous sommes seuls car le refuge des oulettes est fermé. L'ambiance est un peu opréssante mais une fois la tente montée et un bon repas avalé tout va mieux.
Après une bonne nuit sous la pluie, nous partons pour la base de l'épron. Après une centaines de mètres nous passons au dessus de la mer de nuage et atteignons bientôt le glacier. Celui-ci est plus imposant que prévu et comme nous n'avons pas pris les crampons pour économiser un peu de poids, il nous en coute une bonne heure de taille de marche.
Nous décidons de faire une variante à la première longueur pour tirer tout droit sous le filon d'ophite. Mauvais choix...au bout de 15m je me retrouve sans aucune protection possible avec un pas difficile. Un regard vers le bas me suggère une intense concentration. Il est trop tard pour redescendre et la chute est interdite. Ouf ! C'est passé, mais qu'on ne m'y reprenne pas.
Julien me rejoint et enchaîne sur la deuxième longueur où il se fait plaisir sur un superbe passage. Nous enchainons la suite à tour de rôle. Petite variante sur le flanc ouest de l'eperon au dessus des seracs, arête intermédiaire et montée finale au sommet sous l'oeil curieux de quelques touristes montés depuis Bayselance par la voie normale.
Retour tranquil au camp de base et longue (beaucoup trop longue...à quand le base jump!) descente jusqu'à Pont d'Espagne.

Approche par le Lac de Gaube


Bivouac royal au pied de la face nord du Vignemale


Marmotte prise au piège...

Deuxième longueur au dessus du glacier

Sortie du filon d'Ophite


Relais au dessus des séracs




Depuis le sommet...

L'epron nord pris de profil (2nd plan)

June 25, 2005

Arête Nord-Ouest du Petit Astazou

Gd Astazou, Couloir Swan, Pt Astazou(la voie en rouge), Marboré...

Suite aux grosses chaleurs du début du mois, le fond de chaine est déjà quasiment "sec". Avant l'arrivée des touristes c'est l'occasion de s'attaquer à une belle classique du cirque de Gavarnie. Dès vendredi, direction les Espuguettes et la cabane de Pailla pour bivouaquer pas trop loin du départ de la voie. L'approche se fait sous une grosse chaleur malgrè l'heure tardive. Finalement je découvre par hasard un superbe emplacement de bivouac sous le glacier et la Hourquette de pailla. Nous savourons le coucher de soleil qui emflamme le calcaire du cirque et profitons d'une nuit exceptionellement douce à cette altitude.

Le lendemain nous partons avant le coucher du soleil pour être au pied de la voie aux premières lueurs. Plus bas, le village de Gavarnie s'éveille à peine, le cirque lui est désert : la montagne est à nous ! Dès que l'arête se redresse sérieusement nous nous encordons et enchainons les longueurs avec plaisir sur un rocher franc et facile. C'est agréable de ne pas avoir à sortir le topo, il suffit de se laisser guider par l'arête et de franchir une à une ces gigantesques marches d'escalier (14 ressauts d'après le topo).

Presque à regret, nous atteignons le sommet où nous sommes toujours seuls. La vue en enfilade sur le cirque est saisissante. Pour faire durer le plaisir, nous redescendons sous le Mont Perdu puis remontons par la brèche de Tuquerouye avant de dévaler le cirque d'Estaubé. Retour en stop à Gavarnie pour conclure une superbe bambée.


La montée aux Espuguettes sous fond de Cirque (Le Casque et la Tour)

La cordée au soleil levant au pied de la voie...


Le cirque d'allume (on distingue la brèche de Rolland)


Passage de dalle sur le haut

L'arête qui descend jusqu'au village 1500m plus bas...

La beauté des lieux inspire le respect...

Les 3 étages du cirque vus depuis la voie

Le Mont Perdu depuis le refuge de Tuquerouye


Le cirque d'Estaubé au retour

May 15, 2005

Cap Peytier-Hossard


Francis contemple le Balaïtous


Mi-mai, on ne pense plus guère à la neige qui a pris un sacré coup ces dernières semaines. Les skis sont plus où moins remisés au fond du garage. C'était sans compter sur Francis, un copain Canadien qui veut à tout pris aller faire un tour dans les pyrénées avant de rentrer chez lui. Un week end perturbé est annoncé, cependant nous misons sur une petite fenêtre vers le val d'Azun et son sommet principal, le Balaïtous (3144m).
Après un bon portage jusqu'au environ du refuge Larribet en passant par le Claou, nous découvrons avec surprise que les sommets ont été "platré" dans la nuit. En versant nord, sous le petit Balaïtous et le col du Pabat nous trouvons même de la poudreuse. Après avoir basculé du côté du glacier de Las Néous, nous entamons la descente en évitant les barres rocheuses et les nombreuses coulées de neige lourde.
Il faut ensuite déchausser sous le refuge Ledormeur. Retour agréable jusqu'à la voiture en marchant dans l'herbe déjà bien grasse.
A noter, une énorme coulée a balayé le chemin au dessus du lac de Suyen (nombreux arbres arrachés).

Le Claou

Au dessus du refuge Larribet, en direction du Pabat

Trace dans la poudreuse de printemps...

La crête frontière et la grande Fache

Au nord, temps lourd et incertain...il est temps de descendre

Telemark attitude !

Switch-back en direction du Marcadau

April 8, 2005

Ascension du Mt Ararat

L'itinéraire d'ascension

J1 : L'approche jusqu'au camp de base
Le départ se fait aux environ de 1800m car le camion reconverti en bus ne peut pas monter bien haut. Il a même du mal à semer deux chiens sauvages lancés à nos trousses, armés de dangereux pics enserrant leur coup.
Nous lachons assez vite les porteurs et le cuisinier qui nous accompagnent. Nous les perdons de vue définitivement dès lors que la neige apparaît et que nous chaussons les skis


Vers 2000m la progression à ski devient possible...

Base Camp : Les porteurs regardent la vallée...

...quant à nous, c'est le sommet que nous contemplons


J2 : Montée au camp II

Le CampII au pied du sommet (4100m)

La tente de Jean-Pierre et celle d'André, installés dans la pente


J3 : Le sommet & la descente au camp de base

Les derniers mètres sous le sommet (photo de Michel)

L'équipe réunie au sommet !

Vue vers le nord (Azerbaïdjan et Arménie)

Le cône du petit Ararat depuis le sommet

Les traces de Telemark...

J4 : Retour au pied du volcan

April 2, 2005

En route pour l'Ararat



Arrivés à Istambul, nous enchaînons rapidement avec un vol intérieur conduisant à Erzurum en plein coeur de la Turquie. La ville est bordée de montagnes d'origine volcanique (résultat de la faille nord-antolienne) complétement enneigées.
Le voyage se poursuit en bus. Nous piquons plein est. On y découvre une population de plus en plus pauvre et loin de la civilisation moderne. Nous sommes désormais bien loin d'Istambul et de ses airs de capitale Européenne.
Nous évoluons sur un vaste plateau d'atitude (env. 1500m) bordés par des chaînes de montagnes. Après 4 ou 5h de routes, nous apercevons enfin l'Ararat qui scintille avec les dernières lueurs du jour : il domine le plateau de plus de 3500m !
Le bus arrive de nuit à Dogubeyazit à quelques encablures de l'Iran. Nous y retrouvons le reste de l'équipe en provenance du Lac de Van. Le ski est apparament fabuleux dans cette région. Il nous reste peu de temps pour organiser la répartition du materiel. Nous formons des équipes de 2 avec une tente et un réchaud. Le départ est prévu pour le lendemain matin.


Erzurum, transfert du materiel de l'avion au bus

En route pour le Kurdistan

Une épicerie au bord de la route...on y trouve même des Dynastar!

Bergers et leurs moutons sur fond d'Ararat...

April 1, 2005

Objectif Ararat, 5165m !

Contexte géographique et géologique du Mont Ararat

(Texte et cartes de Yves POTTIER)



Le Mont Ararat, photo d'Hadrien prise lors de son Paris-Pekin en vélo (2003)
Le Mont Ararat, situé à l'est de la Turquie, à la frontière de l'Arménie et de l'Iran, s'élève au dessus du plateau de Dogubayazit (altitude moyenne : 1200m). Il présente deux sommets : le petit Ararat (Kucuk Ararat : 3925m) et le grand Ararat (Agri Dagi : 5165m) qui est le plus grand volcan de cette partie orientale de la Turquie.

Il s'agit d'un "Stratovolcan", constitué par l'alternance :

  1. de nappes de cendres et de scories (produits pyroclastiques c'est à dire fragmentés et projetés lors des phases éruptives explosives);
  2. et de laves : andésites, dacites, rhyolites, émises en coulées courtes ou en dômes en raison d'un magma originel de type calco-alcalin (intermédiaire entre celui qui produit les basaltes et celui qui est à l'origine des granites).


Les dernières laves émises dateraient de l'Holocène (moins de 10 000 ans). L'activité pyroclastique plus récente (des cônes de cendres de morphologie peu émoussée par l'érosionsont observables sur les flancs du volcan) pourrait s'être manifestée au cours de l'âge de bronze (3000 ans BC).

En 1840, une éruption phréatique (explosion dûe à la vaporisation sous pression de poches ou nappes aquifères sous-terraines lors de la rencontre de remontées magmatiques avec cette eau), consécutive à un séisme, serait la dernière manifestation volcanique connue.


Les diverses roches volcaniques et les édifices qui les ont produites, couvrent le soubassement du Petit Caucase de plages irrégulières, depuis le lac de Van jusqu'aux confins du Grand Caucase (doc 1).


La sismicité de la région, à laquelle est liée la mise en place des volcans de cette zone méridionale du Caucase, résulte pour sa part de la situation géotectonique de ce morceau de socle anatolien/arménien. Il est pris en étau entre la plaque arabique, coulissant vers le nord, et la plaque eurasienne faisant office de butoir (doc 2). Ce mouvement s'accompagne du rejet de la micro-plaque turque vers l'ouest et de celui de la plaque iranienne vers le sud-est, entre de grandes failles coulissantes (telle la faille nord anatolienne au sud de la Mer Noire).


De cette compression résultent également, dans le socle, des fractures :

  1. initiant le volcanisme (telle la faille méridienne sur laquelle s'est érigé l'Ararat)
  2. ou générant d'importants séisme (Spitak - Arménie en 1988 [magnitude 7]).